La Saône

Historique de l'aménagement de la rivière

Cliquez pour agrandir l'imageDans notre région, la Saône coule très lentement. A l'origine très faible, sa pente, est encore aujourd'hui ralentie par les retenues d'eau des barrages.

La rivière que nous avons sous les yeux aujourd'hui est le fruit d'une lente domestication par l'homme : les aménagements les plus anciens que nous connaissions dans son lit remontent au Moyen Âge. Il s'agit généralement d'alignements de pieux destinés à canaliser le courant aux endroits dangereux pour la navigation.

De nombreux hauts-fonds jalonnaient son parcours et permettaient de traverser la rivière à gué. Ils interdisaient la circulation des bateaux dès que l'on s'approchait du niveau d'étiage. Ceux-ci ne pouvaient donc circuler que pendant quelques mois par an.
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C'est seulement à partir de 1840, à la suite d'importants travaux de dragage, que la circulation des bateaux put être effective tout au long de l'année.
Vers 1870 seront construits les barrages-écluses de Gigny, Thoissey, Verdun...  Dès lors la Saône sera canalisée et présentera un visage analogue à celui que l'on peut voir aujourd'hui.

On peut s'interroger sur la physionomie de cette rivière lorsqu'elle était encore à l'état "sauvage".

Les gués

L'emplacement des nombreux gués (en brun sur la carte) nous est signalé par les archives du service de la navigation. Au cours du XIX° siècle, les ingénieurs ont opéré à plusieurs reprises plusieurs relevés et profil en long, documents particulièrement précieux aujourd'hui. Les gués; longtemps restés les seuls moyens de franchissement de la rivière dans notre région, ont  vu leur tracé varier au cours des siècles. Certains ont été fixés par un dallage couvrant toute la traversée de la rivière.. Ces lieux de passage ont donné lieu fréquemment à des installations d'habitats à proximité immédiate sur les rives, surtout durant l'Antiquité, époque pendant laquelle l'occupation humaine est très forte dans le lit majeur de la Saône (zone en blanc sur la carte).

Les paléo-chenaux

Des travaux récents ont montré que la rivière ne devait pas avoir alors un chenal unique, mais il semble qu'elle devait être constituée de plusieurs bras, certains pouvant alors être en cours de comblement

La carte ci-contre, dressée après des observations menées en période de décrue montre bien à quel point le cours de la Saône a pu être  différent de ce qu'il est aujourd'hui. Ce sont les hommes qui, par  leurs travaux ont privilégié le chenal le plus propice à la navigation (en bleu foncé sur la carte).

Le chenal ancien de Gigny

Cliquez pour agrandir l'imageUn exemple de ces chenaux aujourd'hui en partie comblé sur le territoire de la commune de Gigny, seulement visible en temps de crue. Il était encore en eau à l'époque médiévale.

Un autre chenal sur la commune de Simandre

Cliquez pour agrandir l'imagePaléo-chenal parallèle au chenal actuel sur la commune de Simandre, encore occupé par un bief actif : le bief de la Serrée. Il partait du port d'Ormes au nord et rejoignait la Saône au nord de Tournus au lieu-dit "en Charrette".
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L'extrémité sud du paléo-chenal est occupé par un bief inactif aujourd'hui. Les nombreux méandres montrent bien la fin  de l'activité du chenal par un comblement progressif de l'émissaire au niveau de la jonction avec le chenal actif.

Cliquez pour agrandir l'imageCe chenal étant alors comblé dans sa partie inférieure, mais toujours alimenté par un bief (bief de la Serrée) formait un vaste marécage. A une certaine époque (avant le XVIIe siècle) on perce alors une "raie" à travers le bourrelet de rive afin de drainer le fond de ce chenal et de pouvoir en exploiter les prairies. On y installe un vannage destiné à retarder la montée de l'eau lors des crues. Ce premier vannage est ensuite remplacé par un vannage métallique.

Les sondages

Cliquez pour agrandir l'imageUne série de sondages a été effectuée au cours des années 2000 et 2001 dans le lit majeur de la Saône. Cette opération dirigée par Martine Gardini a pour but de retrouver le passage du chenal, d'étudier son évolution et enfin de dater la fin de son activité.




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Le fond du chenal est attesté par un banc de gravier à une profondeur avoisinant 4 mètres. En certains endroits, une épaisse couche de tourbe recèle des débris végétaux de toutes sortes, ce qui permettra d'estimer les périodes de fonctionnement du marécage par des analyses au carbone 14.

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Carte des chenaux

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